30.07.2008

Esclave consentant

L'écriture dit-on est un engagement.

L'écriture est une souffrance.

L'écriture est un bougnat qui vous vend son vin et vous rend accroc à sa pinasse.

L'écriture est un marchand d'esclave pour lequel vous êtes marchandise volontaire.

L'écriture est un faux ami, une maîtresse d'épaule, une amour délictueuse.

L'écriture rend fou les bien portants.

L'écriture soulage les mal-aimés d'un amour d'aimante religieuse.

L'écriture absorbe le malaise et le rend comme un médicament.

L'écriture reste. La parole s'envole au loin.

La parole dégage les humeurs.

La parole enrage et attendrit.

La parole partage.

La parole décourage.

La parole détend les mots.

Les mots s'animent.

Les mots chantent.

Les mots s'engagent

Tout comme l'écriture.

Réveil

Doucement, tout doucement, la lumière me brûle les paupières.

Une musique d'anges furieux envahit l'espace avec violence contenue.

Mon coeur lourd d'espoir renouvelé se souvient d'enfants perdus,

de coeurs éperdus et de chiens hurlant un tendresse perdue.

Mon coeur meurtri par l'absence annoncée se remet mal de son réveil.

Combien de temps, trop peut-être.

Combien de douleur faut-il endurer pour ne plus avoir mal?

Combien de matins pluvieux pour un soleil d'hiver?

Combien de baisers éperdu pour oublier la langueur?

Il est de ces amours qui ne finissent pas.

On voudrait parfois qu'ils en soient tellement qui ne débutent jamais.

D'enfer ou d'outre-tombe, la carcasse de l'amour se renaît de descendre.

Tremblez mortel, ce matin vous revoit comme chaque fois dans votre splendeur originelle.

Ne l'oubliez pas, lui, ne vous oubliera jamais.

Départ en douce

L'oiseau est parti du jardin où je vivais.

Il a disparu lentement, sans faire de bruit,

presque désolé d'être déjà parti.

Les arbres où il chantait se sentent plus léger

mais l'amertume me semble si lourde à porter.

Après 8 années de compagnonnage,

Mon ami et mon maître a décidé

de me laisser voler de mes propres ailes.

Et je me retrouve cloué au sol par l'amitié qui me manque.

La solitude n'est qu'un détail, ce qui hurle en moi c'est l'absence,

la souffrance et l'impuissance à garder l'amour quand il doit s'évanouir.

Mon jardin est bien seul, les buissons le cherchent,

La nature se questionne. Les enfants rient.

Où vais je vivre maintenant?